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Elle m’obsède

Le 26 juillet 2013, 23:18 dans Humeurs 0

Assise en face de moi, je la dévore, la dissèque, elle m’obsède. La bretelle de son bustier m’obsède. Elle m’observe, je ne détourne pas mon regard une seule seconde. Je pantelle. On se sent vivre dans ce genre de moment, on est dans l’expectative, on s’imagine la suite, ce qui va se passer. On essaie de prendre son temps pour ne pas faire d’erreur. Ne pas faillir, ne pas s’égarer. On a conscience que les dés sont jetés et que ça n’est plus qu’une histoire de minutes.

Je jouis de ces instants, j’éprouve toute une accumulation de sentiments, une sorte d’hyperémotivité incoercible. Un vaste champ d’idées sillonne mon esprit à une vitesse confusionnelle. Je me sens comme ivre, écartelé entre mon envie de l’embrasser, de l’amener vers moi, de ressentir son corps ardent près du mien et entre cette réflexion, cette crainte qui me retient d’agir, ce jeu qui je sais, vient juste de commencer et qui à présent, ne tient plus qu’à une histoire de secondes. Je m’approche d’elle. Nos regards concupiscents se font plus intenses. Je sens sa main sur la mienne, j’observe ces deux contrastes qui semblent ne faire qu’un. Blanc sur noir, noir sur blanc. Je la contemple de nouveau, la dévisage. Je fixe sa bouche. Elle s’amuse à se mordre la lèvre inférieure. Je n’y tiens plus. Mes lèvres se posent sur les siennes. Nous y sommes. Je l’embrasse dans le cou tout en prenant soin de la mordiller.

Mes mains se faufilent dans sa longue chevelure brune. Son odeur m’obsède, je déraisonne. Plus rien ne compte, le temps s’arrête. Tout pourrait s’écrouler autour de nous, sans que cela nous perturbe. La bretelle n’est plus. J’effleure son dos et continue de lui caresser le visage. Je finis par lui dérober sa jupe, puis ses bas. Je chancèle à la vue de ses ravissantes cuisses charnues. Je la regarde avec appétence. Je sens ce désir corrosif m’atteindre au plus profond des tripes. Je descends délicatement ma main le long de ses jambes. Je la rapproche encore plus près de moi. Elle commence à gémir, mais doucement, pas fort pour le moment. Elle me pousse sur le lit, saisit les collants et me bande les yeux. Plongé dans l’obscurité la plus totale, je ressens mes autres sens s’éveiller un à un. Je n’ai prescience de rien. Je l’entends crier, je crie à mon tour. Notre respiration se fait haletante, je sens sa chevelure sur mon torse. Son parfum me caresse les narines, son odeur m’apaise, ses baisers me transportent. Puis, le nœud semble se desserrer. Quelques points lumineux apparaissent de nouveau, mes yeux se réadaptent à ce retour forcé à la réalité. Nous reprenons notre souffle, piano, piano. La tension s’affaiblit.

« — Tu sais, finit-elle par chuchoter tout en me prenant la main, lorsqu’on mélange le blanc et le noir, ça fait du gris, c’est une couleur terriblement ennuyante le gris, non ? Je fronce les sourcils. Pourtant, reprit-elle, à ce moment précis, je n’arrive pas à imaginer une seule seconde, comment cela pourrait être ennuyeux… "

Kupka

 

L’Interimec

Le 26 juillet 2013, 23:17 dans amour 0

Cette fille je la maudis autant que je l’aime. C’est con l’amour, c’est vraiment la pire chose qui me soit arrivée. C’est toujours le même manège, ça me rend malade, ça m’écœure. Au début on se cherche, ensuite on se chérit puis on s’écharpe. On recolle ce qui reste, mais on finit par se quitter pour finalement mieux se retrouver quelques semaines plus tard. Puis on se rend compte que c’est plus pareil qu’avant, du coup on ne sait pas quoi faire et on ne fait rien. On attend comme des cons qu’un foutu miracle qui n’arrive jamais advienne. L’amour c’est illogique, ça n’a pas de sens, ça ne veut rien dire du tout. Je suis peut-être catégorique, mais je m’en care royalement. Je suis assis sur mon canapé au milieu de mon bordel et je me demande comment je vais vivre sans cette traitresse. Me voilà comme un débris. Je suis seul et elle... elle est partie je ne sais où. Je suis persuadé qu’elle doit faire la maligne en string sur son lit avec ses pine-co suçant trois chippendales, cette idée totalement conne me démonte encore plus. Où vais-je bien pouvoir foutre tous ces cartons ? J’ai envie de tout casser, d’aller devant chez elle et de pisser sur son père. C’est fou comme je la hais. Je la tuerais si je le pouvais, je la verrais au coin de la rue et je lui foncerais dessus avec ma voiture ou mes pieds tiens ! Je la piétinerais comme elle le faisait avec ses cigarettes. Je n’ai jamais pu saquer son haleine de clope. Ses joues qui empestaient le tabac, j’ai toujours détesté ça, mais bon sang je serais prêt à tuer pour l’avoir à nouveau auprès de moi. Tout est si simple quand ton couple fonctionne. Lorsqu’on est en phase sur tout. Que tu veux la même chose qu’elle, tu te crois dans un de ces films d’amour hollywoodien. Tu te dis, merde, ça m’arrive à moi ! Comme je plains tous ces pauvres gens, cette populace qui ne connais pas ce que MOI je vis en ce moment. Belle illusion tocard, redescends sur terre avec la plèbe, l’ami. Pourtant c’est si réconfortant de savoir que toi+elle formez une entité, que si un cataclysme rase toute la ville, elle sera près de toi pour tarir tes larmes. Qu’elle restera là, à tes côtés pour te prendre dans ses bras… Je dois absolument m’enlever ça de la tête. Je me torture. C’est encore pire de penser à tout ça... c’est fini point à la ligne.

Mon appart est toujours aussi ridicule. Les cartons sont entassés un peu partout. Je me pose de nouveau sur l’un d’entre eux. Je fais peine à voir. Je ne peux pas faire un mouvement que continuellement je reviens à elle. Je la déteste de m’avoir fait croire que c’était possible, ce plan insane, cette idée folle de faire ma vie avec elle, s’imaginer ça à 24 ans ? Douce utopie. Au fond de moi, je sais pourquoi elle a plié bagage. Mon putain de caractère. À chaque fois, je fais la même chose. Je m’emporte, m'énerve et cherche à la blesser avec mes mots. Faire du mal, c’est surtout ça l’objectif. Puis je la regarde souffrir, se tordre les poignets, hoqueter. Tout ça par orgueil. Par vaine jactance. Par petite gloriole personnelle…

J’avais lu qu’après une rupture, les psychos parlent de 5 étapes de deuil. Un peu comme si quelqu’un était mort. Je ne sais pas où je me situe dans cette échelle du désespoir mais j’aimerais finir rapidement de gravir les dernières marches. Je commence à griffonner quelques petites lignes sans queue ni tête sur les pages d’un misérable cahier qui traînait par terre. J’abandonne tout au bout de quelques minutes, la catharsis, très peu pour moi. C’est pour les déprimés, les faibles, moi je suis fort. C’est dingue, même moi je n’y crois plus. Je me souviens d’une discussion que j’avais eue avec un ami. Il disait que je vivais toutes mes histoires amoureuses à fond et il considérait que c’était plutôt cool ; cool, cool. Je pense qu’il a raison. À chaque rencontre que je fais, je pense incessamment trouver du pittoresque là où il n’y en a pas forcément. J’ai toujours été comme ça, not my fault. Je n’arrive pas à me faire à l’idée que j’ai une vie ou une relation normaleSorry François. J’ai déjà bien souvent tenté d’avoir de vraies histoires, mais impossible. Soit elle me tape sur le système soit c’est l’inverse. J’ai toujours eu cette étrange impression d’être un mec temporaire. Un putain d'éphémère. L'interimec. Le genre de personne avec qui tu passes de bons moments puis finito, basta, on remballe. On se reverra peut-être, on revivra certainement de super moments, mais ça n’ira jamais plus loin. Pas avec elle. Cette fois-ci, tout roulait. On pensait déjà aux grands projets, on n’avait peur de rien. On avançait les yeux fermés sur cette route en travaux et rien ne nous effrayaient, pire on s’en réjouissait. Je sais que cet état de lamentation ne dure qu’un temps, que dans quelques jours le déclic se fera et que je pourrai à nouveau tout recommencer. Retrouver une petite et réitérer la même merde. Mais ce qui me fait vraiment chier, c’est de me sentir abattu, anémique, chétif. Tu es vivant, tu peux faire d’autres choses, mais à un moment, tu y repenseras. Tu reverras cette sale idée dans ton esprit, elle te matera droit dans les yeux et se foutra de ta gueule en te montrant du doigt. Tu ne pourras que la fixer, remarquer à quel point elle est répulsive, morbide, dégueulasse.

Le téléphone sonne. Je n’ai absolument pas envie de décrocher. Plutôt crever que de parler à quelqu’un Je sais qu’on va encore me les briser à me dire « Ah, mais sors, sérieux... sors quoi... non, mais sors sérieux !!! Il ne faut surtout pas que tu restes seul…» WHATHEVER... moi j’ai besoin de me morfondre dans mon coin. Je ne fais de mal à personne, hormis à moi-même alors je vous emmerde. Je déteste les geignards et je me dégoûte quand je suis dans cet état, mais ça me fait du bien de broyer du noir. J’ai besoin de ça pour me sentir vivant. La sonnerie et les vibrations se sont arrêtées. Le carton menace de se déchirer.

On cogne à ma porte. Bordel ! On ne peut pas déprimer en paix oggi ? Je vais ouvrir. C’était L, un ami, un vrai, je dis ça, car il tenait un pack de 12 dans sa main.

Il me regardait avec un air de pitié détestable. Il eut la même expression en apercevant mon T2.

— C’est spacieux ! Lâcha-t-il au bout d’un long moment de silence exécrable.

— Va te faire...

— Je mets les bières dans le frigo. Non sérieux, ce n’est pas si mal, ça manque de meubles, mais bon...

— Va te faire...

Je retournai m’affaler sur le matelas. Il était derrière moi, debout, une blonde à la main. On commença à parler de tout et de rien sans oser aborder le vrai sujet : ma rupture. Il me raconta qu'il détestait de plus en plus son boulot. Il s’occupait de réparer et d’installer des clims. Il avait déjà tenté de m’expliquer ce qu’il foutait, mais j’avais rien pigé, trop technique. Il me parla de son patron, il lui faisait faire des heures sup qu'il ne payait qu’en RTT. Une ordure. On parla par la suite du PSG et de ses nouveaux actionnaires milliardaires, bref rien de bien passionnant. Ça n’était pas le genre de personnes qui pouvait te remonter le moral. Il ne savait pas choisir ses mots, en temps normal il préférait éviter les gens en déprime. Je ne sais pas qui l’avait poussé à venir, ma mère peut-être...

Saudade

Le 26 juillet 2013, 23:16 dans amour 0

Au-delà des chimères que je m’attarde à rechigner durant des heures, insatiabilité, ambition démesurée, je souffre de toutes les affres du mâle blessé qui ne réussit pas assez. Je suis une bête malade. La jambe droite me démange, encore ces fourmis qui se promènent un peu partout. La douleur s’estompe, la jambe gauche me gratte à son tour. Foutu carrousel enrayé. De toutes les chances malheureuses opportunes je suis absent. Je n’arrive pas à concevoir le gris, c’est soit tout noir ou tout blanc, triste paradoxe pour le mulâtre que je suis. Certains parlent de destin, d’autres de félicité. Pour ma part, je demeure muet. Ciel nébuleux, ondée glaciale, la brise me viole le visage encore et toujours. Pourquoi suis-je ici ? Pour quelques maudits billets ? Pour un avenir que je n’ose imaginer à voix haute ? Je dépense mon énergie à vouloir que tout soit parfait. À tenter ceci ou cela. Rien n’est jamais ainsi. Tout tourne de travers et quand tu finis par abdiquer, ce que tu n’attendais plus finit par se produire. Te voilà incrédule. Tu n’avais plus que des miettes et te voici loaded à nouveau. Puis tu finis par te gaver comme une vulgaire oie, la veille d’un soir de réveillon. Le lendemain, tu entends les cloches qui résonnent et tout s’évanouit. On te la coupe et on te l’emballe proprement dans du cellophane, pour la prochaine fois. Le temps défile à une vitesse confusionnelle. Personne ne sera là pour t’attendre. Ne trébuche surtout pas.

Mon leitmotiv pour rester heureux est de ne jamais songer aux instants où je l’étais vraiment. Y penser est la pire des choses, naissent tout un kaléidoscope d’images, un mélange d’odeurs, de sourires, de secondes, de micro moments où tu as conscience sans la moindre once de doute qu’à cette époque, tu étais parfaitement comblé. L’inquiétude n’est plus, tu te revoies ressentir cette joie extatique qui te transportait, te faisait frissonner, rêver, fantasmer. Pensées chimériques conduisant à l’analogie, te poussant à l’autodestruction. Se ressouvenir de ces moments, c’est se saigner à blanc. Je suis certainement lâche de croire ainsi, mais comment vivre heureux quand tu sais éperdument que ta situation actuelle n’est pas idéale ? C’est comme être en relation avec une personne dont tu sais d’avance qu’elle ne t’apportera rien d’autre que l’ennui. C’est se voiler la face, lamentable mascarade. Laissons donc ces desseins de côté, sur leur piédestal, sans les toucher, sans même oser les regarder. La vie se résume par moments à un triste jeu d’échecs. Tu n’es qu’un pion insignifiant qui essaie d’avancer sans jamais pouvoir sauter deux cases à la fois et tout autour de toi, tu math les rois, reines et consœurs se foutre gentiment de ta gueule, essayant à tout prix de te mettre en échec.

Saudade. Je finis par fermer les yeux et me retrouve loin d’ici. Je suis allongé sur un lit que je ne connais plus, un rayon de soleil caresse le parquet d’une étroite chambre, une pièce basse au mur décrépi. D’une petite fenêtre provient un effluve envoûtant qui m’enchante et me transporte tout près d’elle. J’observe. Tout en bas, le brouhaha général. J’y suis retourné. Je le sens, j’y suis, Naples. Les cris et les rires continuent. Je meurs d’envie de prendre part à la fête. Je m’empresse de descendre et parviens au beau milieu d’une venelle, encerclée d’interminables bâtiments. Je vois à peine ce ciel tragiquement coloré. J’avance d’un pas lent. Je contemple et respire. Je remarque toutes ces personnes souriantes comme jamais, comme un homme est admirable quand il sourit ! Nous autres, nous sommes si laids dans nos grandes villes, nous ne sourions jamais. Nous pensons avoir la plus belle ville du monde, c’est peut-être vrai d’ailleurs, mais nous sommes laids, atrocement antipathiques. Là-bas, l’atmosphère est différente, tu te sens libre de vivre. J’aperçois ces enfants qui paraissent si heureux, ils courent et sautent dans tous les sens, ce sont des gamins après tout, en devrait-il être autrement ? Nous autres sommes tellement renfermés, là-bas, on se parle, on se touche, on vit.

Tout semble s’évaporer autour de moi. La magie continue. Je suis à présent dans le train. Je sillonne l’Italie. Tout autour de moi, des décors défilant à toute vitesse. Contraste vert sur jaune, vert sur bleu et ainsi de suite. Là aussi, le voyage est une fête. Tout est fait pour pousser à la rencontre. Je m’assois en face d’une personne, elle me regarde dans les yeux et se met à discuter avec moi. Je suis surpris, je papote, mais je suis gêné, j’en crève de ressentir cela. À côté de moi, je remarque deux anciens qui bavardent comme des amis de longue date alors que je suis persuadé qu’ils ne se connaissaient absolument pas avant notre départ. Je meurs d’envie de participer, de faire la même chose, j’ai tellement de choses à dire, mais je me tais. En bon français, froid et conditionné à fermer sa gueule. On ne parle pas aux gens qu’on ne connait pas, voilà ce qu’on t’apprend quand tu es petit. Je les ai donc regardés parler pour moi, rire pour moi, vivre pour moi. Puis nous sommes arrivés à la gare et ils se sont tous salués, se sont échangés leurs adresses et je suis bien certain qu’ils ne se reverront jamais. Et alors ? Nous en France, lorsqu’on donne nos coordonnées, on s’attend à quelque chose, on veut une suite. Là-bas, la grande différence, c’est qu’ils vivent au présent. Ils ont passé un bon moment et c’est le principal. Nous, on prend le temps pour tout, on est languissant, on fait des projets, on vit dans le futur ou le conditionnel, mais je ne peux m’empêcher de me poser cette question, à quoi bon vivre au futur si le présent est irrespirable ?

Je descends du train et à nouveau tout s’écroule. Je suis désormais au bord de la mer, à ma gauche, l’imposant Castel dell' Ovo au cœur de Naples. Les vagues se fracassent sur les rochers sur un rythme cadencé, les mouettes s’adaptent et battent la mesure. Le soleil est chaud, le vent traverse mes vêtements. Plus bas, quelques enfants sont en train de nager sous le regard affectueux des plus anciens. Je savoure, je suis en paix, je souffle. Au loin, les nuages approchent. Je tique. Le ciel finit par se couvrir. Les cris s’arrêtent, je n’entends plus. Les enfants et les oiseaux disparaissent, je ne vois plus. Un frisson me parcourt l’échine, je n’y suis plus. Mes yeux sont rouges, une larme me caresse la joue, glisse tout doucement, me chatouille. Nostalgie, garce que tu es.

[1] Ti ho pensato. Litt : Je t’ai pensé (ou en bon français de Voltaire si tu préfères, lecteur : j’ai pensé à toi.)

Napoli

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